Critiques

Rock & Folk 

Originaire de Manchester Angie Palmer a opté pour une vie adventureuse et cosmopolite en préférant chanter dans les rues plutôt qu’accepter une place a l’universite. Depuis, elle a acquis une certaine notoriété et partage désormais son temps entre la France et l’Angleterre. Si elle se produit souvent seule sur scéne avec sa guitare, pour son nouvel album elle s’est entourée de musiciens qui donnent de l’envergure à ses chansons et savent mettre en valeur sa voix impressionnante - entre caresse et feulement - et son country-blues sur le fil du rasoir.

 

Crossroads

Folk á l’anglais

Sacrée recrue que le pirate de l’île d’Yeu a déniché... Originaire de Manchester, miss Palmer a sorti déjà trois albums avant celui-ci, a également traîné ses bottes pendant pas mal de temps à Paris, au Quartier Latin le plus souvent, ce qui lui a permis de rencontrer quelques philosophes dissertant sur Jean-Paul Sartre, la Nouvelle Vague au cinéma ou, plus carté-siens, qui de la poule ou de l’oeuf est arrivé en premier ? Mais l’anglaise également connu pas mal de galères. Du suicide de son mari jusqu’aux nuits à dormir dans sa bagnole et à faire la manche la journée, Angie Palmer avait donc pas mal de choses à raconter. Avec un vrai talent d’écriture et un excellent jeu de guitare, Angie n’a pas son pareil pour tricoter des chansons magnifiques où se mêlent justement références littéraires et histoires personelles. Ecriture que certains critiques anglais n’ont pas hésité à rapprocher de celle du Bob Dylan qui déambulait dans le Greenwich Village du New York des années 1960. Et la comparaison n’est pas osée.On peut même rajouter qu’elle a également un joli brin de voix qui évoque Joni Mitchell. Comme son titre l’indique, les morceaux de ce CD sont en clair-obscur, alternant de l’ombre à la lumiére. Le seul reproche qu’on pourrait éventuellement faire à cet opus est qu’Angie Palmer a privilégié une ambiance générale très folk et trés douce. Car lorsque la Dame se met à jouer un genre de country rock musclé (les deax premier titres), elle est vraiment plus que convaincante. Bonne découverte, dans tous les cas.

À ranger entre Freewheelin Bob Dylan et Hejira de Joni Mitchell

Jean-Do Bernard

LE MONDE  Reportage

Duos improvisés, répertoires bousculés : tout est permis au Festival de Rochefort !

LE MONDE | 27.08.07 | 17h54•Mis à jour le 27.08.07 | 17h54

ROCHEFORT (CHARENTE-MARITIME) ENVOYÉ SPÉCIAL

Prenons la Britannique Angie Palmer. Samedi soir, elle débute avec (Talkin'About) A Revolution, de Tracy Chapman, pour "votre nouveau président de la République". Puis se recale sur ses récentes compositions, dont le joliment entraînant Michelangelo. Et bam, All Along The Watchtower, de Dylan, presque parlé, avec le guitariste BJ Cole qui allume les étoiles. Une version à tomber.

(Tr. Bring on the British Angie Palmer. Saturday evening, she begins with Tracy Chapman's (Talkin' about a) Revolution "for your new President of the Republic". Then she re-sets herself for her recent songs with the fine and energetic 'Michelangelo'. And bam! Dylan's 'All along the Watchtower', almost spoken, with the guitarist B.J.Cole, which lights up the stage. A version to die for.)

 

Delta Man

Des rues de Manchester, guitare en bandoulière et chapeau pour la monnaie, des clubs de Paris ou de Genève à peine âgée d’une vingtaine d’années, à ce 4° album, que de chemin parcouru par Angie Palmer, l’une des voix les plus exceptionnelles du Folk Britannique.

A l’image d’une Natalie Merchant ou d’une Lucinda Williams, même si d’aucun la compareront aisément à Joni Mitchell, ses textes écrits conjointement avec le philosophe contemporain Paul Mason, empruntent à la poésie et au lyrisme de ses références littéraires. (Edgar Allan Poe, Steinbeck ou Bulgakov). 
Musicalement, Angie Palmer nous plonge dans son univers tapissé de Folk Dylanien des 60’s et de Blues acoustique et soyeux.

Il y a (ce n’est que l’avis du chroniqueur) dans ce recueil musical, deux perles qui à elles seules, méritent l’acquisition de l’album. Ravens (les corbeaux référence à Allan Poe) où textes joints à la voix d’Angie Palmer vous clouent au mur tel un martyr à son bûcher et Rose Of Shanon où l’on retrouverait presque un Knopfler époque Notting Hillbillies !

 

Zicazic
Auteur, compositeur et interprète tout droit venu de la Perfide Albion, Angie Palmer est une très jeune femme dont le talent évoque invariablement Bob Dylan, Janis Joplin ou Joni Mitchell …
Considérée comme étant La voix folk de Manchester, la chanteuse et guitariste a longtemps joué dans les rues de sa ville mais aussi de Paris et de Genève et nous présente en 2006 son nouvel album, le quatrième, dans lequel elle multiplie les allusions à tout ce qui touche à la culture, qu’elle soit littéraire ou cinématographique, aidée dans sa démarche et dans son travail d’écriture par Paul Mason, un des grands noms de la philosophie à l’échelle européenne.
Accompagnée au studio et à la scène par Richard Curran (violon, mandoline …), Tim Franks (batterie), Ollie Collins (basse) et Steve Buckley (guitares, lap steel …), Angie Palmer nous livre un ouvrage aussi riche vocalement qu’instrumentalement et confirme qu’elle est bien une des artistes les plus attachantes de la nouvelle scène britannique.
Panachant un folk séducteur avec un blues très personnel, Angie Palmer brosse un portrait du monde tel qu’elle le voit, ou plutôt tel qu’elle le perçoit, mettant à chaque instant ses sentiments en avant et faisant dire à ses cordes ce que ses mots ne peuvent exprimer par manque de termes appropriés. Capable de force et de vigueur avec des morceaux comme « Fool’s Gold » ou « Down On Zero Street » qui débutent l’ouvrage, Angie Palmer devient touchante sur des titres comme « Ravens » et « Premonition Blues » et laisse filer librement son inspiration au gré des vents, nous réservant un « Columbus For A Day » particulièrement prenant, une très alanguissante « Ballad Of John Henry » ou encore quelques « Michelangelo » ou « Letters From Home » qui atteindront des sommets aussi prévisibles qu’inaccessible avec l’imposant « Rose Of Sharon » qui fait penser instantanément à ce que Mark Knopfler et Bob Dylan ont pu faire de plus sensuel et de plus abouti.
Ce qui plait chez Angie Palmer, c’est cette vision très intelligente des choses qui la pousse à reconnaître ses limites et à confier à meilleur qu’elle ce qu’elle ne maîtrise pas parfaitement. C’est payant à l’arrivée car à sa guitare inspirée et à sa voix d’une rare profondeur et d’une rare richesse viennent s’adjoindre un violon qui donne un petit cachet celte ou un dobro qui évoque la lointaine Amérique, le tout dans une harmonie totale et sur des arrangements dignes de ceux des plus grands albums …
Magique et tellement accessible, « Tales Of Light & Darkness » se classe sans aucune hésitation possible dans les meilleurs albums d’une année pourtant déjà très riche.
A ne pas rater donc !